
Une nouvelle étude révèle comment les réseaux internationaux de l’arnaque exploitent les applications de messagerie du quotidien pour s’emparer de l’argent et des données personnelles des internautes africains en quelques minutes seulement.
Pour la toute première fois, une étude mondiale menée par Kaspersky chiffre la rapidité, le coût et le lourd impact psychologique des arnaques par messagerie. En s’appuyant sur les témoignages de victimes du monde entier, l’enquête révèle que les escrocs se servent de simples messages du quotidien pour subtiliser argent et données personnelles en quelques minutes seulement, causant ainsi des dommages financiers et émotionnels à long terme.
En Afrique, les conséquences sont particulièrement marquées. En Côte d’Ivoire, 69 % des victimes déclarent avoir perdu de l’argent à la suite d’une arnaque par messagerie, tandis que 63 % affirment s’être fait dérober des données personnelles. Au Sénégal, plus de trois quarts des victimes (77 %) ont subi une perte financière. Dans bien des cas, les victimes tombent dans le piège avant même que le doute ne puisse s’installer, remettant leur argent ou leurs données personnelles à des cybercriminels qui se font passer pour des proches, des amis ou des marques de confiance.
Derrière ces messages du quotidien se cache un réseau mondial de l’arnaque ultra-rapide, opérant à l’échelle industrielle et utilisant l’IA pour se faire passer pour des proches, des amis ou des marques de confiance.
Ce phénomène a engendré une véritable économie de l’usurpation d’identité à grande échelle, reposant sur les fonds et les données personnelles dérobés. Les victimes se retrouvent ainsi lésées financièrement, ébranlées et profondément traumatisées.
Arnaqués en quelques minutes : le délit le plus rapide dont on puisse être victime aujourd’hui
Des e-mails professionnels aux conversations en famille, en passant par les notifications de livraison, les applications de messagerie sont au centre de notre quotidien. Mais elles deviennent aussi le vecteur privilégié de la fraude.
En Afrique francophone, ces arnaques débutent le plus souvent sur les plateformes que nous utilisons tous les jours. WhatsApp arrive en tête des canaux utilisés par les fraudeurs, cité par 63 % des victimes au Sénégal et 45 % en Côte d’Ivoire. Les SMS demeurent également un vecteur majeur, notamment au Sénégal où ils sont mentionnés par 51 % des répondants.
Bien que cela ne soit guère surprenant vu la quantité de messages reçus quotidiennement, c’est la rapidité avec laquelle ces arnaques se déroulent qui est frappante. À l’échelle mondiale, plus de la moitié des arnaques par messagerie (52 %) aboutissent en moins de 30 minutes et, pour 14 % des victimes, l’ensemble du processus est terminé en moins de cinq minutes. Les victimes sont poussées à agir dans l’urgence, souvent avant même d’avoir pu vérifier l’identité de leur interlocuteur.
Et pour mieux déstabiliser leurs victimes, les escrocs restent rarement au même endroit. En Côte d’Ivoire, près de neuf victimes sur dix (91 %) déclarent que l’arnaque s’est poursuivie sur au moins une autre plateforme, basculant par exemple d’un SMS à WhatsApp ou d’une application à une autre, et imitant ainsi les conversations et les notifications du quotidien pour ne pas éveiller les soupçons.