Les universités des pays de la CEDEAO face aux défis de la sortie du Niger, du Mali et du Burkina Faso : quelles perspectives ?
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) joue un rôle clé dans la coopération et le développement des pays membres, notamment dans les domaines éducatifs. Cependant, la sortie récente du Niger, du Mali et du Burkina Faso de l’organisation soulève des interrogations majeures sur l’avenir des universités de la région et sur leur capacité à maintenir un système éducatif viable et intégré.
Un contexte marqué par des tensions géopolitiques
Le retrait de ces trois pays découle de tensions politiques et de divergences avec la CEDEAO, notamment liées aux sanctions imposées suite aux coups d’État militaires. Cette situation a des répercussions profondes non seulement sur les relations politiques et économiques, mais également sur les partenariats éducatifs, les programmes de mobilité académique et la recherche collaborative qui caractérisaient la région.

Les impacts sur les universités de la CEDEAO
– La mobilité des étudiants et des enseignants :
La CEDEAO avait mis en place des mécanismes facilitant la mobilité académique entre les pays membres. Avec la sortie du Niger, du Mali et du Burkina Faso, les étudiants et les enseignants de ces pays pourraient rencontrer des obstacles supplémentaires, notamment en matière de visas, de reconnaissance des diplômes et de financement des échanges. Cela pourrait freiner l’intégration académique régionale.
– La coopération scientifique et les projets de recherche :
Les universités de la CEDEAO bénéficiaient de programmes communs de recherche financés par des partenaires internationaux. La sortie de ces trois pays pourrait compromettre certains de ces projets, particulièrement dans des domaines cruciaux comme la santé, l’agriculture ou les énergies renouvelables, où la collaboration transfrontalière est essentielle.

-La question du financement :
Les universités des pays qui restent membres de la CEDEAO pourraient souffrir de la réallocation ou de la réduction des financements. Les contributions des États membres servent souvent à soutenir des programmes éducatifs régionaux. Une réduction de la participation financière de ces trois pays pourrait fragiliser les initiatives en cours.
-L’isolement académique :
Pour le Niger, le Mali et le Burkina Faso, se retirer de la CEDEAO pourrait entraîner un isolement académique croissant. Cela risque de limiter leur accès à des programmes de coopération régionale, réduisant ainsi les opportunités pour leurs étudiants et chercheurs de s’intégrer à des réseaux scientifiques plus larges.

Des solutions pour préserver la résilience des universités
Malgré ces défis, des opportunités existent pour limiter les impacts négatifs :
Renforcer les partenariats bilatéraux : Les universités des pays sortants pourraient établir des accords bilatéraux avec celles des États membres restants pour maintenir des échanges académiques et des collaborations scientifiques.
Miser sur les organisations continentales : L’Union africaine pourrait jouer un rôle dans la coordination des programmes éducatifs et la promotion de la coopération entre tous les pays de l’Afrique de l’Ouest, indépendamment des appartenances politiques.
Favoriser les plateformes numériques : La digitalisation de l’enseignement supérieur pourrait atténuer les effets des frontières politiques en permettant aux étudiants et enseignants de continuer à collaborer virtuellement.

Un avenir incertain mais porteur d’espoir
La sortie du Niger, du Mali et du Burkina Faso de la CEDEAO pose des défis majeurs aux universités de la région, mais elle ne signifie pas nécessairement l’effondrement du système éducatif ou de la coopération académique ouest-africaine. Les universités ont souvent montré leur résilience face aux crises politiques et économiques. En investissant dans des solutions innovantes et inclusives, les institutions d’enseignement supérieur de la région pourraient non seulement survivre, mais aussi se réinventer pour répondre aux besoins d’une Afrique de l’Ouest en pleine mutation.