La surconsommation de médicaments au Nigeria : une réponse dangereuse à la vie chère
La crise économique qui frappe le Nigeria pousse une grande partie de la population à adopter des comportements risqués en matière de santé. Face à la flambée des prix des consultations médicales et à l’accessibilité croissante des médicaments en vente libre, de nombreux Nigérians se tournent vers l’automédication et la surconsommation de produits pharmaceutiques. Cette tendance, bien qu’elle semble être une solution de court terme, soulève de graves préoccupations sanitaires.

Une crise économique qui impacte la santé
Le Nigeria est confronté à une inflation galopante qui touche tous les secteurs, y compris la santé. Le coût des consultations médicales et des soins hospitaliers a considérablement augmenté, rendant l’accès aux services médicaux difficile pour une grande partie de la population. Dans ce contexte, beaucoup préfèrent éviter les hôpitaux et se tourner directement vers les médicaments, souvent sans ordonnance ni avis médical.
Les produits pharmaceutiques, bien que leur prix ait également augmenté, restent perçus comme une alternative plus abordable à une consultation médicale. De nombreuses personnes achètent des antibiotiques, des antidouleurs et même des psychotropes sans aucune prescription, espérant ainsi traiter leurs maux à moindre coût.
L’automédication : une pratique dangereuse en hausse
L’automédication est devenue un phénomène courant au Nigeria, notamment à travers les marchés informels où des médicaments sont vendus sans aucun contrôle sanitaire. Des études locales montrent que la population consomme de plus en plus d’antibiotiques, ce qui favorise l’émergence de résistances bactériennes. De même, l’usage excessif d’antalgiques comme le paracétamol ou l’ibuprofène expose les consommateurs à des risques hépatiques et rénaux.
Un autre problème majeur est la consommation de médicaments contrefaits. Le marché noir regorge de produits falsifiés ou périmés, vendus à bas prix. Ces substances, parfois inefficaces ou même toxiques, mettent en danger la vie des consommateurs.

Les risques sanitaires et sociaux liés à cette surconsommation
L’usage incontrôlé de médicaments entraîne des effets secondaires graves, allant de simples intoxications à des affections chroniques plus sévères. Parmi les conséquences les plus inquiétantes figurent :
L’antibiorésistance : la prise excessive et inappropriée d’antibiotiques réduit leur efficacité, ce qui complique le traitement des infections et augmente la mortalité.
Les intoxications médicamenteuses : des overdoses accidentelles surviennent fréquemment, notamment chez les enfants et les personnes âgées.
Les effets secondaires dangereux : des médicaments pris en excès ou mal dosés peuvent causer des dommages irréversibles au foie, aux reins et au système nerveux.
Sur le plan social, cette surconsommation de médicaments accroît la dépendance aux produits pharmaceutiques. Certains jeunes, par exemple, consomment des psychotropes détournés de leur usage médical pour fuir la dureté de la vie quotidienne. Ce phénomène alimente la toxicomanie et pose un véritable problème de santé publique.
Quelles solutions pour limiter cette dérive ?
Pour enrayer cette consommation excessive de médicaments, plusieurs mesures doivent être prises par les autorités et les professionnels de la santé :
-Renforcer la régulation de la vente des médicaments : un contrôle plus strict des pharmacies et des vendeurs informels est nécessaire pour éviter la prolifération des médicaments contrefaits.

-Sensibiliser la population : des campagnes d’information doivent être mises en place pour expliquer les dangers de l’automédication et encourager la consultation médicale.
– Rendre les soins médicaux plus accessibles : en subventionnant les consultations et les médicaments essentiels, le gouvernement pourrait réduire la nécessité pour les Nigérians de recourir à l’automédication.
-Lutter contre la pauvreté : la cause principale de cette surconsommation reste la précarité économique. Une politique sociale efficace aiderait à améliorer les conditions de vie et donc à réduire ce phénomène.
La surconsommation de médicaments au Nigeria est une réponse dangereuse à la crise économique et à la vie chère. Si cette tendance persiste, elle pourrait avoir des conséquences sanitaires désastreuses à long terme. Il est urgent que les autorités prennent des mesures concrètes pour réguler l’accès aux médicaments et sensibiliser la population aux risques de l’automédication. Seule une action collective permettra d’inverser cette tendance et de protéger la santé publique.